Le Petit Journal de Monaco

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Déplacement princier à Aubagne

Posted by lepetitjournaldemonaco sur 7 mai 2014

Comme nous l’annoncions il y a trois semaines, S.A.S. Albert II s’est rendu le mercredi 30 avril dernier dans cette localité proche de Marseille. Il était l’invité d’honneur de la cérémonie qui ce jour-là rappelle le sacrifice au combat des légionnaires à Camerone. « Je remercie tous les militaires qui ont participé à cette cérémonie belle et forte et je suis très touché par l’hommage fait à mon grand-père Louis II, qui avait intégré ce corps prestigieux qu’est la Légion, avec lequel Monaco garde des liens forts » déclara-t-il à cette occasion. Cérémonie qui fut suivie par une dizaine de milliers de spectateurs, militaires, familles, Aubagnais, gens des environs et de Marseille venus assister au défilé autour de la « Voie Sacrée » du quartier Viénot, siège du 1er Régiment étranger. Cette foule observe un moment de silence au passage de la main articulée en bois du capitaine Danjou. Le 1er mai 1853, au cours d’une expédition topographique en Algérie, le futur héros de Camerone avait perdu la main gauche à la suite de l’explosion de son fusil. On se souvient que dans le cadre de l’intervention française au Mexique, le le 30 avril 2013, Jean Danjou avec ses 63 légionnaires avaient fait face jusqu’à la mort à quelque 2.000 soldats de l’armée mexicaine. Cette main qui d’habitude est conservée dans la crypte du musée de la Légion étrangère, est portée avec respect par le lieutenant-colonel Zlatko Salbljic, légionnaire chevronné qui dirige aujourd’hui la maison du Légionnaire à Auriol, à quelques km d’Aubaine. Le général de division Christophe de Saint-Chamas, commandant de la Légion, COM.LE, résume cette journée « Aujourd’hui, les légionnaires renouvellent leur engagement, continuer à servir la France, ce pays qui n’était pas le leur. Le fait d’armes de Camerone est le creuset de nos points forts, d’une fidélité à des valeurs ». De leur côté, deux Mirage de la Patrouille de France ont tracé dans le ciel les couleurs bleu-blanc-rouge.
La Légion étrangère fut créée par l’ordonnance du 9 mars 1831 sous le règne de Louis-Philippe, roi des Français. Elle est liée à de grands épisodes de l’histoire. Elle est intervenue lors de conflits, durant les Guerres carlistes qui ont déchiré l’Espagne dans les années 1830, en Crimée de 1854 à 1856, pendant la Campagne d’Italie en 1859 et naturellement au cours de l’expédition du Mexique de 1863 à 1867. Elle a participé à la guerre franco-prussienne de 1870 et évidemment lors de l’engagement colonial de la France, au Tonkin de 1883 à 1945, au Dahomey entre 1892 et 1894), au Soudan français en 1892-1893, au Niger en 1894, à Madagascar de 1895 à 1905. On la retrouve pendant la Première Guerre mondiale, au Maroc de 1903 à 1956, en Syrie de 1921 à 1939. Elle s’est aussi illustrée pendant la Seconde Guerre mondiale de, durant la Guerre d’Indochine de 1946 à 1954 et celle d’Algérie de 1954 à 1962, elle avait d’ailleurs participé à la conquête et à la mise en valeur de ce territoire dans les années 1830. Plus récemment, on la voit agir notamment lors du sauvetage de Kolwezi au Zaïre en 1978, de la guerre du Golfe en 1991 et des combats à Sarajevo en ex-Yougoslavie en 1993. Actuellement, la Légion étrangère compte 7.700 hommes, 400 officiers, 1.700 sous-officiers et 5.600 légionnaires, de 146 nationalités différentes, répartis en 12 unités. Le commandement est installé à Aubagne depuis 1962. D’autres unités sont stationnées dans 5 villes de France mais aussi en Guyane, à Abou Dhabi et à Mayotte. A ce quartier Viénot d’Aubagne on trouve également le Musée de la Légion étrangère qui renferme de nombreuses pièces rappelant la glorieuse épopée de ce corps. Ce « Louvre du légionnaire » a rouvert le 30 avril 2013 après rénovation lors de la prise d’arme de la cérémonie marquant le 150e anniversaire de la bataille de Camerone.
Parmi les officiers célèbres, on notera le capitaine Alexandre Joseph Comte Colonna-Walewski, fils naturel de Napoléon Ier, ou Ferdinand Walsin Esterhazy, le coupable de l’Affaire Dreyfus. Et naturellement Louis II Prince de Monaco ou encore Pierre Ier de Serbie roi de Serbie de 1903 à 1918, puis après la Première Guerre mondiale, roi des Serbes, des Croates, des Slovènes de 1918 à 1921. Des sous-officiers ont fait une carrière littéraire, tels le Suisse naturalisé français Blaise Cendrars ou l’Allemand Ernst Jünger, ainsi que le romancier et journaliste hongrois naturalisé britannique Arthur Koestler. D’autres personnalités sont liées à la Légion étrangère, comme le boxeur Marcel Cerdan, légionnaire de 1e classe honoraire, l’écrivain Edmonde Charles-Roux, caporal honoraire, S.A.S. Louis II Prince de Monaco, sergent-chef honoraire en 1947 et S.A.S. Rainier III de Monaco, légionnaire de 1e classe honoraire en 1953.

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